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Lutter durablement contre l'ambroisie

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Plante invasive, mauvaise herbe et fortement allergène, l’ambroisie est devenue un véritable fléau.

L’Ain est le cinquième département de France, en termes d’infestation par les ambroisies.

D’après les données de l’ARS, dans l’Ain, 540 000 personnes (87 % de la population) sont exposées plus de 20 jours à un risque allergique ambroisie important (RAEP ≥ 3) dont 47 000 (7,6 %) personnes exposées plus de 40 jours.

En fonction des niveaux d’infestation, on estime que 10 à 21 % de la population présente des symptômes allergiques. Dans l’Ain, les dépenses de santé liées à la pollinose à l’ambroisie sont de 2,6 millions d’euros par an.

La lutte contre l’ambroisie est une obligation pour chacun, quel que soit le milieu où on la trouve afin de limiter le risque allergique et son expansion géographique.

Obligation de la détruire avant floraison par arrêté préfectoral

Un nouvel arrêté préfectoral est en vigueur dans notre département depuis le 25 juin 2019.

Il concerne les 3 ambroisies à risque :

  • Ambroisie à feuilles d’armoise : Présente massivement dans notre département
  • Ambroisie trifide et ambroisie à épis lisses : Identifiée sur 2 communes dans l’Ain, elle fait l’objet d’une attention particulière pour limiter son expansion. Ambroisie trifide particulièrement allergène et présente dans le sud-ouest.

Il oblige la prévention et la lutte et la destruction pour tous les gestionnaires de terrains, les exploitants, les propriétaires, les locataires, etc. sur toutes les surfaces (domaine public, privé, cours d’eau linéaires, parcelles agricoles, etc.)

Il oblige la destruction de ces espèces dès  l’apparition des plants, avant la floraison et impérativement avant la grenaison.

Il précise l’organisation de la lutte selon un plan d’actions précis pour tous les milieux en insistant sur la lutte préventive et de préférence mécanique et en détaillant les moyens. 

Il permet la mise en place d’une police spéciale ambroisie (agents listés dans le code de la santé publique : ONEMA, DREAL, DDT, mais aussi maire et police / gendarmerie, etc.).

Le constat d'infraction pour non-respect de la réglementation peut déboucher sur le dépôt d'une plainte auprès du procureur.

Dans les parcelles, deux types de situation

Dans les cultures de printemps

L'ambroisie qui n'a pu être détruite lors de l'implantation de vos cultures, est actuellement au stade de floraison. Le pic de pollen est prévu dans les prochains jours.

En bord de champ, il est impératif de la détruire (fauche / arrachage) dès à présent d'autant plus si cette parcelle est à proximité de tiers et/ou visible par un grand nombre.

A l'inverse, si votre parcelle est envahie d'ambroisie sur toute la surface (ex soja, tournesol), la destruction de votre culture n'est pas envisageable, sauf si le maire applique la réglementation sans concertation. Il vous faudra donc être très vigilant lors de la récolte de cette culture :

  • Moissonner cette parcelle en dernier afin d'éviter de contaminer les autres par les engins agricoles.
  • Nettoyer votre matériel sitôt le chantier terminé.
  • Post récolte : mettre en œuvre une stratégie de lutte accrue contre l'ambroisie sur la culture suivante.
Dans les cultures d'hiver

L'ambroisie n'est pas problématique. Si quelques graines ont pu germer au printemps, elle est restée petite jusqu'à ce que la culture soit récoltée. C'est alors que sa croissance explose sous l'influence de la lumière.

Sur chaumes, l'intervention peut se faire lors du travail du sol, via le déchaumage ou autre outil mécanique. La solution chimique à base de glyphosate (bien lire les étiquettes, pour la dose à appliquer) est tout à fait appropriée si vous constatez également des vivaces dans vos terres.

Réduire le stock semencier pour lutter durablement contre les adventices

En dehors des pratiques du désherbage mécanique ou chimique, il s'agira de combiner différentes techniques, selon les conditions agronomiques, pédologiques, climatiques et votre temps disponible :

  • Empêcher la montée en graine (écimage / fauchage des bordures),
  • Limiter la germination et le développement des adventices (labour, allongement de la rotation, couvert végétal),
  • Pratiquer le faux semis pour faire germer les graines et les détruire avec un outil de travail du sol superficiel,
  • Limiter la propagation des graines d'une parcelle à l'autre avec le nettoyage du matériel de récolte.

Ce travail de longue haleine, qui se gère sur la rotation, est nécessaire dans vos parcelles fortement infestées. Sans pouvoir éradiquer cette plante de votre parcellaire, votre vigilance et votre assiduité à lutter contre cette mauvaise herbe, permettra de limiter les effets allergènes sur vous et les personnes habitant proches de votre exploitation et limiter son extension géographique.

Vos contacts

Laurence GARNIER
Chargée de mission environnement
04 74 45 56 67
laurence.garnier@remove-this.ain.chambagri.fr

Votre référent communal ambroisie
> Se renseigner en Mairie

Instituts techniques :
> TERRE INOVIA
> ARVALIS
> RNSA (Réseau National de Surveillance Agrobiologique)

Quelques chiffres

1 plant d'ambroisie = 3 000 graines

1 graine = 20 ans de longévité dans le sol avec un taux de germination de 85 %

Le grain de pollen = Très allergène, aéroporté jusqu'à 40 km

1 plant = 1 milliard de grains de pollen

5 à 10 grains / m³ d'air = risque d'allergie (contre 50 grains/m³ pour les graminées)

13 % de la population rhônalpine est allergique